Glossaire des matières
Les fiches produit emploient un vocabulaire qui mélange matières naturelles, reconstitutions et molécules de synthèse sans jamais le préciser. Voici ce qui se cache derrière les termes les plus fréquents.
Les fonds
Ambre, malgré son nom, ce n'est pas une matière mais un accord : généralement labdanum, vanille et benjoin. L'« ambre » d'une pyramide olfactive n'a aucun rapport avec l'ambre jaune, qui est une résine fossile inodore.
Ambre gris, celui-ci existe bel et bien : une concrétion produite par le cachalot, récoltée sur les plages. Marin, animal, très rare. Il est aujourd'hui presque toujours remplacé par l'ambroxan.
Ambroxan, molécule de synthèse reproduisant la facette la plus recherchée de l'ambre gris. Elle a la particularité d'être perçue très différemment selon les personnes, certaines y étant partiellement anosmiques. C'est l'une des molécules les plus utilisées de la parfumerie contemporaine.
Musc, d'origine animale à l'origine, interdit depuis des décennies. Les muscs actuels sont des molécules de synthèse, souvent employées en mélange. Ils apportent le fondu, la sensation de peau propre et la tenue.
Oud, résine d'Aquilaria infecté. Voir la page consacrée aux parfums arabes et orientaux. Quasi toujours reconstitué en parfumerie de grande diffusion.
Benjoin, résine balsamique d'un arbre d'Asie du Sud-Est, aux facettes vanillées. Pilier des accords ambrés.
Labdanum, résine de ciste, chaude et cuirée. Composant central de l'accord ambré et des chyprés.
Les bois
Santal, le santal indien (Santalum album) est protégé et son exportation strictement encadrée ; la parfumerie emploie surtout le santal australien ou des reconstitutions.
Cèdre, deux origines très différentes : le cèdre de Virginie (en réalité un genévrier), sec et crayonné, et le cèdre de l'Atlas, plus résineux.
Vétiver, racine d'une graminée. Terreux, fumé, végétal.
Patchouli, feuille fermentée. Le patchouli contemporain est souvent « fractionné » pour retirer ses facettes camphrées et ne garder que le côté chocolaté.
Les fleurs et les fruits
Jasmin, parmi les matières naturelles les plus coûteuses. Les compositions grand public emploient des reconstitutions à base d'hédione et d'acétate de benzyle.
Iris, extrait du rhizome, non de la fleur, après trois ans de séchage. La matière la plus chère de la parfumerie florale.
Tubéreuse, fleur blanche narcotique, presque toujours reconstituée : l'extraction directe est très peu rendue.
Notes fruitées, à de rares exceptions près, il n'existe pas d'extrait naturel de fruit utilisable. Pêche, poire, fruits rouges : ce sont des molécules de synthèse.
Les molécules qui structurent
Iso E Super, molécule boisée-veloutée, présente dans une proportion considérable des parfums modernes. Faiblement perceptible seule, elle agit comme un liant et un amplificateur.
Hédione, facette jasminée transparente, employée pour donner de l'air à une composition. Introduite en 1966, elle a durablement changé la parfumerie.
Coumarine, odeur de foin coupé et d'amande, extraite de la fève tonka ou synthétisée. Base de la famille fougère.
Calone, molécule marine, responsable de la vague de parfums « aquatiques » des années 1990.
Ce que le vocabulaire ne dit pas
Une pyramide olfactive annonce des intentions, pas une formule. Les maisons ne publient ni dosages, ni proportions de naturel, ni la liste complète des matières, ces informations relèvent du secret industriel.
Deux parfums annonçant les mêmes notes peuvent donc différer profondément selon la qualité des matières et leur équilibre. C'est la limite que nous rappelons sur chaque comparaison.
Sources des données. Définitions issues de la littérature générale sur les matières premières de la parfumerie. Aucune appréciation sensorielle n'est portée ici.